Un brin de connaissance.
Malgré son rendement et ses qualités gustatives exceptionnelles, une variété tend à disparaître de nos jardins, c’est le haricot du Saint Sacrement. Cette vieille variété est connue sous de très nombreux noms : haricot du Bon Dieu, haricot du Saint Esprit ou Nombril de bonne Sœur. Ces noms sont accompagnés de légendes, mais c’est sans doute son aspect qui a … enfanté ces légendes.
Avant de passer aux légendes, petit portrait de ce haricot à grains étrange : c’est un haricot à rames, les gousses contiennent entre 4 et 10 graines. Les grains ont un petit goût de noisette très appréciable. Ce sont des grains blancs ornés d’une minuscule tache noire en forme …d’ostensoir.
Ils n’en fallait pas plus … !
Les légendes.
La légende se construit au hasard des régions !
– L’auréole serait apparue sur des haricots où avait été enterré un ostensoir volé dans une chapelle.
– Lors de la Révolution Française, craignant les brigands, un curé cache le Saint-Sacrement sous des haricots à rame dans le jardin d’une de ses paroissiennes.
– Le signe serait apparu dans un champ de haricots d’un paysan ayant autorisé un vicaire portant le Saint-Sacrement à le traverser pour contourner une route inondée.
– Craignant les pillards, quelques paysans gardant le trésor du Christ, l’enterrèrent en semant par-dessus des haricots blancs.
Plus près de chez nous !
Annick Boidron, jardinière belge, a planté, récolté dans son jardin ce haricot du Saint Sacrement. Elle est intarissable sur ces grains qui lui ont été offerts par un jardinier de son village (aujourd’hui disparu) : Arthur Mousty.
C’est un grand amateur d’histoire et était aussi de son vivant un jardinier éclairé. C’est de lui qu’elle tient ses précieux haricots ostensoirs, et signale : « lorsqu’il m’a confié un petit sachet de haricots ostensoirs, Monsieur Mousty, qui était plutôt de nature joviale, a pris un ton solennel. J’ai bien compris qu’il ne fallait pas rigoler avec ces haricots-là, ces haricots sont en quelque sorte sacrés. (Cliquez sur le lien pour l’histoire d’Annick Boidron).